Hausse du taux du livret A de 0.5% à 2% en 18 mois : quadruplement de la charge de la dette pour les bailleurs sociaux, ce mode de financement ne serait-il pas à revoir complétement ?

Le taux du livret A est passé de 0.50% à 2% en l’espace de 18 mois. Si les épargnants s’en frottent que modestement les mains, pour les bailleurs sociaux, c’est la charge de leur dette qui explose. Leurs crédits sont à taux variable, indexés sur le taux du livret A.

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Le livret A possède 200 ans d’histoire. Emprunt perpétuel émis et garanti par l’Etat auprès des Français, dire que le livret A n’a pris une ride peut faire sourire. En France, nous aimons bien marcher sur la tête. Alors que le taux du livret A est en hausse, à 2% au 1er août 2022, les épargnants sont moins mécontents, bien que leur épargne placée sur le livret A connaisse toujours un rendement réel négatif, une fois l’inflation déduite. Revers de la médaille, les fonds déposés sur le livret A, servent, en mineure partie, aux prêts octroyés aux bailleurs sociaux, pour la construction et/ou la rénovation des logements sociaux (cf. à quoi servent les dépôts effectués sur le livret A ?). Pour ces derniers, le poids de leur dette explose. Un système franco-français totalement absurde, largement décrié par Bruxelles, qui a sommé la France à plusieurs reprises de mettre un terme à ce système totalement obsolète et contraire aux règles de la concurrence. Mais les Français sont tellement accrocs de leur livret A, qu’aucun politique ne se risquerait d’y mettre un terme.

Logements sociaux : 10,4 milliards de prêts indexés au taux du livret A

10,4 milliairds. C’est le montant, en euros, des prêts signés par la Caisse des dépôts et consignation (CDC) en faveur de la construction de logements sociaux à l’issue de l’année 2021. Un chiffre en hausse de 6 % sur un an, qui a permis de construire 85.300 nouveaux logements sociaux et d’en rénover 81.600 à l’issue de l’année 2021. Le souci étant que les crédits octroyés sont à taux variable. Une particularité que les Français connaissent assez peu, friands de crédits immobiliers à taux fixe pour leurs biens personnels. Le fonds d’épargne de la CDC (qui centralise 60 % de l’épargne réglementée, soit presque 300 milliards d’euros) sert à refinancer ces prêts. L’Union sociale pour l’habitat alertait mi-juillet sur l’alourdissement de la charge de la dette. «  Il y a un an, le taux du Livret A était à 0,5 %. Ce quadruplement du taux alourdit la charge de la dette du secteur de plus de 2,1 milliards d’euros en année pleine, soit 10 % du montant total des loyers ».

La France reste avec ce système, vieux de 200 ans, qui reste unique en Europe. Le livret A provoque, du reste, une distorsion sur le marché de l’épargne, qui, selon les règles de la concurrence, devrait être totalement interdit. Rien n’y fait. Aucun politicien n’étant assez suicidaire pour mettre un terme à cet héritage napoléonien. 200 ans de cela, la France était déjà déficit, et il fallait remplir les caisses de ces campagnes guerrières à fonds perdus. Comme quoi, rien ne change vraiment dans l’hexagone.

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