Tendance : Développement durable vers une alternative à l’ISR
jeudi 10 décembre 2009, par Epargne Solidaire
Le sommet de Copenhague n’est pas qu’une affaire politique, citoyenne ou sociétale. C’est aussi un enjeu économique, managérial et stratégique ...
Développement durable, recherche des bons acteurs
Le sommet de Copenhague n’est pas qu’une affaire politique, citoyenne ou sociétale. C’est aussi un enjeu économique, managérial. Stratégique. Depuis plusieurs années déjà, les entreprises s’emparent peu à peu de ces enjeux, qui conditionnent l’évolution du monde et donc, la transformation de leur propre environnement de marché. Il en va souvent de leur intérêt, parfois de leur survie. Reste, pour les investisseurs, à identifier les entreprises les mieux-disantes en la matière, celles qui seront réellement en mesure de relever les défis qu’imposent ces changements radicaux à venir.
Développement durable, la notion d’interprétation
L’investissement socialement responsable (ISR) nous propose une première méthode. L’hypothèse de base : l’ISR est la composante financière du concept de développement durable par lequel l’investisseur, au lieu de s’intéresser aux seuls critères financiers habituels, intègre dans sa méthodologie de sélection des critères extra-financiers. Ceux-ci sont rangés en trois grandes catégories, sortes de méta-critères (respect de l’environnement, des rapports sociaux et de la gouvernance) eux-mêmes segmentés en quelques règles de bonne pratique.
L’interprétation de ces critères et le formalisme de leurs méthodologies d’analyse sont très variables, mais la logique reste la même : il convient de trier l’univers d’investissement entre bons et mauvais élèves, voire entre bons et mauvais secteurs, selon une grille binaire qui s’attache à scruter l’adéquation à certaines règles à l’instant T.
Sur le fond, l’intention est la bonne. Surtout, elle rend des services bien commodes : elle harmonise les méthodologies, propose des benchmarks et offre une base de comparaison relativement homogène, tout en participant à la pédagogie des investisseurs. Sur la forme, en revanche, l’approche peut être discutée.
Développement durable, besoin d’une analyse prospective
L’ISR note en effet les entreprises sur leur politique et leur stratégie actuelles, quand la réponse aux enjeux environnementaux et sociaux de demain nécessite une analyse prospective, fondée sur l’anticipation des comportements futurs. Au fond, la question est moins de savoir qui est aujourd’hui le mieux-disant en matière d’ISR que d’anticiper qui sera en mesure de répondre aux grands changements structurels à venir.
Dans ce contexte, l’approche « blacklisting » proposée par l’ISR peut exclure des sociétés a priori bien placées pour répondre aux enjeux de la raréfaction du pétrole, du réchauffement climatique ou encore de la croissance démographique. Autrement dit, cette méthodologie Impose un cadre restrictif là où le gérant a besoin d’anticipation, de discernement et de recul. Pour déceler les valeurs dites « développement durable », un investisseur ou un gérant devront regarder au-delà de la réalité actuelle d’une entreprise pour analyser sa stratégie à long terme et l’évolution de son environnement de marché, qui conditionnera en retour ses décisions futures ...
Chronique de Christophe Brulé, Président d’Entheca Finance.
Info plus > www.enthecafinance.com
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